21-08-2026 09:12 - Mauritanie : le scandale qui dévoile la face cachée de la rente

Mauritanie : le scandale qui dévoile la face cachée de la rente

Kassataya -- La saisie, cette semaine au Maroc de 54 kilos d’or transportés par une famille mauritanienne n’est pas un fait divers. Cet indice matériel de ce que les observateurs dénoncent depuis des années, est tout simplement la fuite massive des richesses nationales hors du pays.

En réalité, c’est une affaire d’Etat opérée par des réseaux familiaux, politiques et commerciaux protégés par l’impunité. 54 kilos d’or, c’est une affaire qui choque les Mauritaniens parce qu’elle confirme ce que tout le monde sait : l’or mauritanien circule hors contrôle.

Pour sortir une telle quantité, il faut d’abord avoir accès aux zones d’extraction, aux réseaux de transport transfrontaliers, à la protection administrative ou douanière et enfin au silence institutionnel.

Cette affaire met en lumière les circuits informels devenus des autoroutes de contrebandes de l’or artisanal (Zouerate, Tasiast, Chami) et de l’or industriel de Tasiast.Tous ces circuits sont alimentés par des commerçants influents, des familles puissantes, des réseaux transfrontaliers (Mali, Maroc, Algérie) et des protections politiques. Ce qui a été intercepté au Maroc, c’est une fraction du pillage quotidien.

C’est la preuve matérielle d’un État qui ne contrôle plus ses ressources. Personne ne transporte 54 kilos d’or par hasard. Le silence des autorités mauritaniennes est une complicité par omission et derrière laquelle se cache la complicité de Dubaï d’où venait la famille.

Cherif Kane



Les articles, commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité


Commentaires : 4
Lus : 1843

Postez un commentaire

Charte des commentaires

A lire avant de commenter! Quelques dispositions pour rendre les débats passionnants sur Cridem :

Commentez pour enrichir : Le but des commentaires est d'instaurer des échanges enrichissants à partir des articles publiés sur Cridem.

Respectez vos interlocuteurs : Pour assurer des débats de qualité, un maître-mot: le respect des participants. Donnez à chacun le droit d'être en désaccord avec vous. Appuyez vos réponses sur des faits et des arguments, non sur des invectives.

Contenus illicites : Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Sont notamment illicites les propos racistes ou antisémites, diffamatoires ou injurieux, divulguant des informations relatives à la vie privée d'une personne, utilisant des oeuvres protégées par les droits d'auteur (textes, photos, vidéos...).

Cridem se réserve le droit de ne pas valider tout commentaire susceptible de contrevenir à la loi, ainsi que tout commentaire hors-sujet, promotionnel ou grossier. Merci pour votre participation à Cridem!

Les commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité.

Identification

Pour poster un commentaire il faut être membre .

Si vous avez déjà un accès membre .
Veuillez vous identifier sur la page d'accueil en haut à droite dans la partie IDENTIFICATION ou bien Cliquez ICI .

Vous n'êtes pas membre . Vous pouvez vous enregistrer gratuitement en Cliquant ICI .

En étant membre vous accèderez à TOUS les espaces de CRIDEM sans aucune restriction .

Commentaires (4)

  • mystere1 (F) 21/08/2026 10:40 X

    Salam, seydi Kane, vous avez bien vu, en analysant, avec pertinence, et logique, les faits, de cette situation mafieuse.

  • Hartaniya Firilile (H) 21/08/2026 10:10 X

    La suite de cette affaire d'or se réglera en coulisses, sans échange de vérités entre Mauritaniens et Marocains. Ces derniers repartiront avec l'or et les faussaires seront relâchés. La Mauritanie sortira perdante, tandis que les Marocains tireront profit de la situation. La famille trafiquante, pourtant connue des services compétents, ainsi que ses complices, ne seront jamais inquiétés. Pire, ils seront célébrés comme des modèles de réussite. Monsieur Kane, ce pays n'est plus dirigé par des hommes d'État, mais par des femmes d'affaires qui exercent leur autorité sur toutes les institutions. Elles revendiquent la Mauritanie comme leur domaine réservé, ces arabo-berbères qui se sont taillé la part du lion dans une République où les rôles s'inversent. Les hommes s'effondrent, malades et épuisés, tandis que les femmes, elles, se montrent prêtes à tout pour s'enrichir.

  • Hartaniya Firilile (H) 21/08/2026 09:57 X

    Bonjour Monsieur Kane, je suis heureux de vous retrouver. Merci de revenir sur ce que l'on nomme communément la Mauritanie aux multiples failles, traversée par des vents de détournement de deniers et de biens publics. Ces failles gangrènent l'ensemble du système, entretenu par ceux-là mêmes qui ont choisi de multiplier les forfaits et les délits. Les dirigeants des institutions les couvrent et s'en font les complices. Dans le sang des Mauritaniens semble couler un goût pour le vol et le mensonge, que les acteurs se transmettent entre eux pour jouer une comédie de manipulation. Ils se félicitent à chaque sortie de prison d'un trafiquant, comme si la Mauritanie se distinguait par l'abondance de ses trafics en tout genre. Je fais partie de ceux qui estiment que ce pays obéit désormais aux seules lois des failles : le système se partage entre régions et tribus, chacun prend sa part, à l'exception des Noirs, pourtant majoritaires.

  • Hartaniya Firilile (H) 21/08/2026 09:57 X

    Monsieur Kane, le rapport de l'IGE est erroné, et ce pour plusieurs raisons que nos autorités connaissent mais refusent de divulguer, afin d'éviter tout scandale. Le chef de l'IGE lui-même manque de probité : partisan dans l'âme, il connaît parfaitement les véritables motivations de cette situation, mais choisit délibérément de taire la vérité, par solidarité familiale. Les Mauritaniens se sont engagés, devant leurs chefs de tribu, à se partager les richesses du pays sans jamais se dénoncer mutuellement, que ce soit au sein des familles ou des tribus. La Mauritanie seule en subira les conséquences, d'autant que personne ne semble vouloir rendre compte des maux qui rongent ce pays. Celui-ci est si vulnérable que des étrangers, jusqu'aux Palestiniens, peuvent se réclamer mauritaniens, tandis que les véritables Mauritaniens peinent à faire reconnaître leur identité.